Comme toute terre, la Touraine a été façonnée patiemment par des générations d'hommes et de femmes. Terre de tradition, elle a su conserver quelques-uns de ses savoir-faire séculaires, parties intégrantes de son patrimoine. Témoignages du passé, mais aussi aujourd'hui métiers complètement impliqués dans la dynamique de leur époque, ils offrent une porte d'entrée privilégiée sur la Touraine. Entre les richesses architecturales des grands châteaux, l'habileté de nos écrivains, le savoir-faire de l'artisan ou le tour de main des chefs, le premier point commun est la valeur de l'humain. Vous parler de l'homme qui écrit, l'homme qui bâtit, l'homme qui fabrique, l'homme qui invente, l'homme qui cultive, l'homme qui accueille...
Villaines-les-Rochers et la tradition de la vannerie
C'est tout le dynamisme et le caractère contemporain de la filière osiéricole que nous vous invitons à venir découvrir à Villaines-les-Rochers, à quelques kilomètres d'Azay-le-Rideau. Culture (les champs d'osier), récolte, préparation et travail de l'osier, tous les travaux du vannier vous sont présentés, grandeur nature. Les 80 artisans installés dans le village proposent, toute l'année, des créations artistiques, décoratives (fleurs d'osier, mobilier, étagères) ou pratiques (paniers, huches à pain). On ne remerciera jamais assez, ici, Jean-Laurent Chicoine, ce bon curé de village, qui dès 1849, a eu la bonne idée de créer une coopérative de vannerie communale ! C'est elle qui donne, encore aujourd'hui, l'impulsion nécessaire au bon développement de cette activité. www.vannerie.com
Les fruits tapés… un savoir-faire typiquement ligérien
C'était l'époque des longs voyages en bateau et des grandes traversées… La marine de Loire était à son apogée et les embarcations, toujours plus nombreuses, ralliaient l'océan à Paris. Outre les chavirages et les ensablements, l'un des autres problèmes des marins était de s'alimenter aussi correctement que possible, et d'éviter le scorbut (né d'une carence en vitamines). Pour ce faire, les paysans ligériens (qui commerçaient avec les marins) créèrent une nouvelle méthode de conservation, révolutionnaire : c'est ainsi que fut créé, en Touraine, et dans le Val de Loire, la tradition des fruits tapés.
Le principe est simple : une déshydratation progressive des fruits (poires, mais aussi pommes ou pruneaux) dans les fours à pain, que tous possédaient à l'époque. Près d'une centaine d'heures peut être nécessaire pour arriver à un fruit vidé de toute son eau. Durant ce laps de temps, les fours doivent être chauffés et vidés plusieurs fois ! Vient ensuite l'étape primordiale : le "platissage", un grand coup de maillet sur le fruit pour expulser l'air resté au niveau du cœur : voilà nos fruits tapés ! Les villages, en fonction des cultures, se sont progressivement spécialisés : les poires à Rivarennes, les pommes à Turquant (Anjou), etc. Les poires tapées se dégustent soit nature, comme une friandise, soit réhydratées dans du vin. Elles constituent alors un accompagnement original pour les viandes, poissons ou une glace.
Pour découvrir la technique de confection des poires tapées, vous pouvez vous rendre à l’atelier artisanal de M. et Mme Hérin, à Rivarennes (www.poirestapees.com) ou au musée de la poire tapée.