Dans notre découverte des grands châteaux, débutons par l’est de la Touraine et Amboise. Après les domaines de
Chambord,
Cheverny,
Blois et
Chaumont sur Loire, lovés en Loir-et-Cher, voici les contours du
château royal d’Amboise…. Et à château royal, emplacement royal ! Surplombant la vieille ville et dominant le cours de Loire, celui-ci fait en effet partie des « cartes postales »

incontournables du Val de Loire. Fief de François Ier, il veille désormais au repos de Léonard de Vinci, dont la sépulture se trouve dans la chapelle Saint-Hubert. La collection de mobilier présentée est remarquable, tout autant que les jardins à l’italienne, organisés en d’hospitalières terrasses. Autrefois siège des grandes fêtes de la cour, le château vous propose différents sons & lumières durant la période estivale.

Des balcons du château d’Amboise, on aperçoit déjà les lignes de briques rouges du
Clos Lucé. Cette proximité géographique illustre bien l’étroite relation qui liait Léonard de Vinci, hôte des lieux durant les trois dernières années de sa vie, et le roi François Ier, son protecteur. Le Clos Lucé est aujourd’hui un véritable lieu d’interprétation dédié au génie italien. Des salles intérieures jusqu’aux allées du parc, on découvre l’univers de Vinci, on détaille ses inventions, on plonge dans ses recherches… Depuis 2008, le « Jardin de Léonard » vous offre même d’appréhender les liens étroits que Léonard avait noués avec la Nature.
Sur les hauts d’Amboise, l’étonnante
Pagode de Chanteloup est une extravagance architecturale qui mérite aussi une halte. C’est surtout le dernier vestige du légendaire domaine du Duc de Choiseul.

Une petite quinzaine de kilomètres et une jolie forêt séparent Amboise de
Chenonceau. Avec sa célèbre galerie sur le Cher et son architecture si particulière, le site marque les esprits ! Celui que l’on surnomme volontiers le « Château des Dames », en référence aux figures féminines qui conduisirent à sa destinée, offre l’expression parfaite d’une Renaissance esthétique et insouciante. A ne pas manquer, entre autres : les jardins de Diane et Catherine, ainsi que les impressionnantes cuisines du domaine ! Vous avez la possibilité de découvrir les lieux iPod aux oreilles, pour une visite placée sous le signe de l’innovation.
Si l’on file encore plus au sud, voilà que l’on remonte le temps ! « On n’est pas arrivé à
Loches » dit le dicton populaire. Et pourtant combien elle mérite le détour cette superbe cité médiévale ! Dans cet ancien fief des rois Charles VII et Louis XI, on voyage du Moyen-âge jusqu’aux premières heures de la Renaissance. Après quelques lacets dans la vieille ville et une fois l’enceinte fortifiée franchie, on découvre la silhouette massive du donjon et celle, plus gracile, des logis royaux. Mais du haut des remparts, le vent à nos oreilles nous parle aussi d’une certaine Agnès Sorel, dame de beauté dont les traits mirent le royaume de France en émoi !

Passé Tours, nous voici du côté ouest de la Touraine. Nouvelle étape :
Villandry. De toutes les perles de Touraine, en voilà une qui a la senteur sucrée du potager et la teinte d’une fleur sous la rosée. Avec ses six jardins dont les reflets jouent avec le fil des saisons, le domaine de Villandry illustre parfaitement combien la terre fertile de Touraine permet l’expression des quelques-unes des plus belles inspirations végétales du monde. Rigueur du canevas, folie du point… On ne visite pas ces jardins, on s’en enchante !

A quelques encablures de Villandry, on découvre un château discret, mais à la séduction simple et au charme fou :
Azay-le-Rideau. Est-ce pour se pencher sur sa propre beauté qu’il s’est entouré de ce superbe « miroir d’eau » que constituent les méandres de l’Indre ? Toujours est-il qu’une halte à Azay-le-Rideau est un ravissement pour chacun, que l’on apprécie la vue imprenable qu’offre sur l’édifice son parc arboré ou que l’on plonge directement dans les lignes soignées de son architecture. Et l’été, c’est en tenue de soirée qu’il vous accueille, pour un superbe son & lumière.

Avec le pont-levis du château de
Langeais, c’est un lieu clé de l’Histoire de France qui s’ouvre à vous. C’est en effet protégé par les murs épais des lieux que le roi Charles VIII prit pour épouse la très convoitée Anne de Bretagne. La belle ne l’était pas vraiment, mais elle permit le rattachement du puissant duché de Bretagne à la France ! Côté architecture, Langeais constitue un intéressant exemple de la transition s’étant opérée entre Moyen-âge et Renaissance. Si l’on ajoute que les enfants adorent l’original échafaudage médiéval et la cabane perchée du parc de « l’An mil », la halte devient incontournable !
Après Langeais, mettons le cap sur Chinon. Sur la route, une halte est possible au
château d’Ussé. On y admire notamment une architecture qui aurait inspiré Charles Perrault pour sa « Belle au Bois Dormant ».

Voici donc
Chinon. Là encore, c’est l’époque des temps troublés et des grandes batailles, celle du Moyen-âge, de ses bruyants combats qui nous attend. Stratégiquement aux confins de la Touraine, du Poitou et de l’Anjou, la forteresse de Chinon fut en effet une place forte très convoitée et la scène de terribles affrontements. Edifiés sur un éperon rocheux, ses murs et ses tours de garde sont impressionnants ! Pour les amateurs d’histoire, il faut noter que c’est dans les logis royaux de la forteresse qu’a eu lieu la célèbre rencontre entre Jeanne d’Arc et le futur Charles VII, alors brocardé « petit roi de Bourges » ! Le site fait l’objet d’une vaste restauration historique depuis 2006.
Si l’on poursuit notre route jusqu’aux frontières de la Vienne, on découvre enfin le joli
château du Rivau, réputé pour ses jardins mêlant facéties végétales et art contemporain, dans un esprit de contes de fées.
Encore quelques kilomètres chez nos voisins et amis de l’Anjou, et ce sont
les châteaux de Saumur et d’Angers, ainsi que
l’abbaye royale de Fontevraud qui se dévoileront.
A quelques kilomètres d’Amboise, le
château de Valmer vous présente son superbe potager-conservatoire, dans lequel des variétés très anciennes de légumes retrouvent un terreau fertile. Jardin encore, du côté du
château de La Bourdaisière avec les quelque 600 espèces de tomates cultivées dans le potager : ne manquez pas leur défilé lors de l’annuel « Festival de la Tomate ». Si vous appréciez la chasse à courre ou l’univers équestre, faites halte aux
châteaux de Montpoupon, de
Champchevrier ou de
Gizeux, ce dernier vous offrant même de dormir sur place, en chambre d’hôtes. Si la préhistoire est reine au
château du Grand-Pressigny, dans le sud Touraine, l’univers médiéval vous attend, lui, du côté du
château de Montrésor et du
donjon de Montbazon. Enfin, c’est une ambiance très « Art Déco » qui pétille au
domaine de Candé, petit folie des années trente aux portes de Tours. N’oublions pas
La Chatonnière,
Bridoré,
Nitray,
Fontenay,
Luynes... autant d’histoires qui ne demandent qu’à être contées.
Patrimoine religieux
Haut lieu de pèlerinage et point de départ pour Saint Jacques de Compostelle, la Touraine compte de nombreux édifices religieux remarquables. Entre eux, souvent un point commun : saint Martin. Connu du grand public pour avoir partagé son manteau de centurion avec un pauvre hère, saint Martin est surtout, pour les Tourangeaux, une personnalité religieuse locale. En effet, après avoir été « enlevé » aux Poitevins, il fut conduit à Tours où il fut proclamé évêque.
Sous son règne, la ville connut un important essor. Après sa mort, il fut enterré sous la crypte de la basilique qui porte aujourd'hui son nom. Partiellement détruite, elle fut reconstruite au XIXème siècle par l'architecte Victor Laloux. Etablie de part et d'autre de la très commerçante rue des Halles, elle symbolise l'importante place du religieux dans l'histoire de la ville. De l'autre côté de la rue Nationale, la cathédrale Saint-Gatien (édifiée entre les XIIème et XVIème siècles) veille au repos des enfants de Charles VIII.
Au-delà des frontières de la ville de Tours, d'autres édifices retracent plusieurs siècles d'évangélisation. En cheminant, vous pourrez notamment découvrir les très belles collégiales de Faye-le-Vineuse, de Champigny-sur-Veude et de Candes-Saint-Martin, apprendre l'étonnante genèse de la Chartreuse du Liget (édifiée par Henri II Plantagenêt en vue d'expier le crime de Thomas Becket !) et de la Corroirie. Enfin, comment ne pas citer la magnifique piéta de Jehan Fouquet (XV ème siècle), située dans l'église de Nouans-les-Fontaines.
Les chemins de randonnée « Saint Martin de Tours »
Les premiers chemins européens de randonnée culturelle dédiés à saint Martin ont été créés en Touraine. Ces itinéraires, ouverts aux randonnées pédestres, équestres et cyclistes, associent des communes liées à l’histoire du Saint ou celles dont l’église, les fontaines ou les lieux dits lui sont plus dédiés. Ils mettent en valeur le patrimoine qui découle de l’héritage direct de l’ancien évêque de Tours. Toutes ces communes sont labellisées avec une signalétique : Itinéraire Culturel Européen « Saint Martin de Tours, personnage européen, symbole du partage ». Des bornes (œuvres du sculpteur tourangeau Michel Audiard) jalonnent le parcours.
La création de ces sentiers s’accompagne de la mise en place d’une vraie politique de préservation et de valorisation du patrimoine, ainsi que de l’organisation d’animations régulières… Elle s’inscrit surtout dans une démarche européenne similaire de mise en valeur, qui débouchera à terme, sur la naissance d’un réseau international d’itinéraires de randonnée.
3 sentiers à découvrir :
« Le chemin de l’évêque de Tours » (de Tournon-Saint-Pierre, dans la Vienne, à Tours)
« Le chemin de l’été de la Saint-Martin » (de Chinon à Tours, via Candes-Saint-Martin)
« Le chemin de Trêves » (de Tours à Vendôme)
Les cartes et les informations sur www.saintmartindetours.eu